COLLECTIVITES FORESTIERES OCCITANIE Pyrénées Méditerranée

La forêt : un levier stratégique pour les territoires et les élus

Mercredi 15 Avril 2026

Saviez-vous que la forêt couvre aujourd’hui 31 % du territoire national et près de 39 % en Occitanie ? Longtemps perçue comme un simple décor ou un espace de loisirs, elle est en réalité un pilier central de l’aménagement des territoires, au croisement des enjeux climatiques, économiques, sociaux et paysagers.

La forêt française est vivante, dynamique… et en pleine évolution. Selon l’IGN, entre 1985 et 2021, elle a gagné 21 % de surface et son volume de bois sur pied a augmenté de 50 %. Concrètement, la forêt française produit chaque minute 1 m³ de bois supplémentaire. Une richesse considérable, mais qui pose aussi de nouvelles responsabilités.

Une forêt est définie comme un territoire d’au moins 50 ares (5 000 m²), occupé par des arbres pouvant atteindre plus de 5 mètres de hauteur à maturité, avec un couvert boisé supérieur à 10 % et une largeur moyenne minimale de 20 mètres.
Derrière cette définition technique se cache un espace complexe, multifonctionnel et stratégique pour l’action publique.

Vous avez dit « forêt » ?

Une fonction sociale essentielle, au cœur de la qualité de vie

La forêt est avant tout un espace de respiration pour nos concitoyens.
Lieu de loisirs, de détente, de promenade, elle joue un rôle déterminant dans le bien-être des habitants et dans l’attractivité résidentielle et touristique des communes. Elle structure également nos paysages et participe fortement à l’identité des territoires, qu’ils soient ruraux, périurbains, montagnards ou littoraux.

Les forêts publiques, juste après le domaine public maritime, constituent le principal patrimoine naturel public de notre pays. En Occitanie, elles prennent une dimension toute particulière :

  • 2 millions d’hectares de forêt, soit l’équivalent de la Belgique ou de la Bretagne,
  • 2ᵉ région française en surface forestière,
  • mais seulement 5ᵉ en volume de sciage, révélant un potentiel encore sous-exploité.

Dans la région, 9 communes sur 10 possèdent de la forêt, publique ou privée. Or 75 % de la forêt est privée, et cette propriété est extrêmement morcelée : 96 % des propriétaires privés détiennent moins de 4 hectares. Cette fragmentation complique la gestion, fragilise les peuplements et constitue un frein majeur à la structuration de la filière forêt-bois, tout en augmentant les risques (incendies, vulnérabilité au changement climatique, dépérissement).

Une fonction économique stratégique… et non délocalisable

La forêt est aussi une ressource économique majeure, à condition d’être mobilisée dans une logique de hiérarchie des usages :

  1. Bois d’œuvre (construction),
  2. Bois industrie,
  3. Bois énergie.

Aujourd’hui, paradoxe frappant : 70 à 80 % du bois utilisé dans la construction en France est importé, alors même que nos forêts continuent de croître. Résultat : une balance commerciale déficitaire, car nous exportons principalement des grumes (bois brut) et importons des produits transformés.

Pourtant, les retombées locales sont considérables

  • 300 m³ de bois transformé = 1 emploi équivalent temps plein, non délocalisable,
  • 1 000 m³ de bois transformé correspondent à 3 000 m³ de forêt gérée durablement, soit 21 emplois locaux.

La filière forêt-bois représente déjà 425 000 emplois en France, soit 1,7 % de l’emploi et 3 % du PIB. Un potentiel de développement territorial encore largement mobilisable par les collectivités, notamment via la commande publique et la construction bois.



Une fonction environnementale vitale face aux crises

La forêt est un réservoir de biodiversité, un bouclier naturel pour les sols et la ressource en eau, et un acteur clé du cycle du carbone. Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 75 % de l’eau douce disponible sur la planète provient de bassins versants forestiers,
  • 18 % du territoire régional est classé Natura 2000,
  • 18 % de la forêt est certifiée PEFC, garantissant une gestion durable.

Mais la forêt est aussi vulnérable :

  • 90 % des feux de forêt sont d’origine humaine (malveillance, accidents, travaux),
  • 80 % des incendies se déclenchent à moins de 50 mètres d’une habitation,
  • En moyenne, un feu détruit 4 hectares.

Prévention des risques, gestion de l’interface forêt-habitat, adaptation au changement climatique : autant de sujets où l’action publique locale est déterminante.

Les élus : garants de l’intérêt général et acteurs clés de la filière

Qu’ils soient ruraux ou urbains, de plaine, de montagne ou du littoral, tous les élus sont concernés par la forêt. Propriétaires forestiers ou non, ils disposent de leviers d’action concrets, immédiats et puissants :

  • Planification et urbanisme,
  • Commande publique et construction bois,
  • Mobilisation et coordination des acteurs locaux,
  • Soutien à la filière économique,
  • Sensibilisation des citoyens.

Agir pour la forêt, c’est agir pour l’intérêt général.
Les décisions prises aujourd’hui structureront durablement nos territoires et nos sociétés.


Des webinaires pour passer à l’action

Aménagement du territoire, maîtrise d’ouvrage de bâtiments publics, médiation territoriale, gestion forestière, protection face aux risques : les élus et les agents sont déjà au cœur de la filière, souvent sans en mesurer pleinement les leviers.

Et si la forêt devenait un atout local stratégique plutôt qu’une contrainte ?

C’est pour répondre à ces enjeux que notre association d’élus propose deux webinaires inédits, gratuits, ouverts à tous les élus et agents de collectivités intéressés.

👉 Deux rendez-vous pour comprendre, décider et agir. Deux rendez-vous pour faire de la forêt un projet de territoire.

Contact :
Léa FABRE | lea.fabre@communesforestieres.org | 06 18 26 38 15