Vendredi 19 juin 2026
Le 1er juin 2026, à Coustouge dans les Corbières, les Communes forestières d’Occitanie ont réuni élus, services de l’État, SDIS et partenaires autour de la gestion d’un incendie. Dans un territoire marqué par le feu de 2025, cette journée d’échanges a permis de partager les retours d’expérience.
La journée a réuni des élus venus de toute l’Occitanie autour d’un objectif : créer un espace d’échanges sur le risque incendie. Le préfet de l’Aude, Alain BUCQUET était présent pour apporter son expertise et contribuer aux discussions.
Un risque incendie qui change d’échelle
Un constat s’est imposé : le risque incendie n’est plus cantonné au sud méditerranéen, il s’étend et s’intensifie grandement.
Sécheresses plus longues, températures en hausse, paysages qui se referment : les conditions sont réunies pour des incendies plus rapides et plus violents. Celui de Ribaute surnommé le « feu du siècle » a été présenté comme un feu hors norme, capable de générer sa propre dynamique et de dépasser les capacités habituelles de lutte.
Dans ce contexte, on ne peut plus penser uniquement en termes d’intervention. La prévention et l’anticipation prennent une place centrale.

Ce que l’incendie de Ribaute a montré
Plusieurs intervenants soulignent la nécessité d’intégrer davantage le risque incendie dans les documents d’urbanisme, dès les phases de planification. Le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) doit être mis à jour tous les cinq ans.
Ensuite, un point a été largement partagé : le rôle des paysages agricoles. Les vignes, en particulier, ont joué un rôle de coupure dans la progression du feu. Le maintien des activités agricoles est un élément essentiel de réduction du combustible, et constitue donc une prévention à part entière. Il faut cependant noter que les friches agricoles, notamment par l’arrêt des vignes, a constitué un vecteur de propagation du feu. Il en est de même pour les nouvelles cultures biologiques où l’herbe au sol constitue un vecteur.
Enfin, les ruisseaux qui bordent les cultures, souvent embroussaillés et peu entretenus ont constitué des mèches à feu permettant à l’incendie de traverser les grandes plaines agricoles.
Une crise gérée collectivement
Au moment de l’incendie, les retours ont mis en avant une mobilisation exceptionnelle. Services de secours, collectivités, services de l’État : 80 départements ont été impliqués.
Cette solidarité a cependant certaines limites. Face à des feux de cette intensité, les moyens atteignent rapidement leurs limites opérationnelles.
Jacky GALY, Président de l’association des Communes forestières de l’Aude rappelle l’intérêt de travailler de manière collective sur ce sujet, avant le feu, pendant le feu et après le feu.
De ce constat découle un message récurrent tout au long de la journée. La gestion du risque repose sur une responsabilité collective, partagée entre l’État, les collectivités et les habitants, notamment à travers les Obligations Légales de Débroussaillement.
Préparer plutôt que subir
Plans communaux de sauvegarde, organisation de la circulation en cas de feu, téléphone satellitaire, communication vers les habitants, préparation au confinement… Les sujets sont très concrets, parfois très opérationnels, mais ils partagent tous la même idée : mieux préparer les territoires pour éviter la panique et limiter les sur-accidents.
Les élus ont aussi exprimé des besoins très pratiques : savoir qui contacter, comment s’équiper, comment être identifiés en situation de crise, et comment garder la communication quand les réseaux ne passent plus.
Vers une culture du risque plus partagée
Au-delà des aspects techniques, la journée a surtout mis en lumière un enjeu de fond : la culture du risque.
Beaucoup d’intervenants ont insisté sur la nécessité de mieux faire comprendre le risque incendie, pas seulement aux élus, mais aussi aux habitants.
Un territoire préparé au risque, c’est un territoire où chacun connaît son rôle.
Cela passe par la formation, la sensibilisation, mais aussi par une meilleure coopération entre collectivités et services.
Monsieur le préfet a abondé les discussions en indiquant que la préfecture s’était adjointe d’une nouvelle personne au sein de la DDTM pour la mise en œuvre du Plan Corbières qui vise à reconstruire le territoire et le rendre plus résilient.
Francis CROS, Président de l’Union Régionale des Collectivités forestières Occitanie Pyrénées-Méditerranée a conclu cette journée en indiquant qu’il fallait travailler collectivement sur le sujet, en n’oubliant pas les élus qui constituent la pierre angulaire de l’ensemble de la démarche.




Contact :
Anna PELLAERS | anna.pellaers@communesforestieres.org | 07 83 54 88 00


