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COLLECTIVITES FORESTIERES OCCITANIE Pyrénées Méditerranée

Aux lisières du risque, (ré)inventer les territoires de demain

Jeudi 24 septembre 2026

Canicules, sécheresses, incendies, tempêtes : le changement climatique bouleverse profondément les territoires. Face à ces risques croissants, un aménagement résilient des interfaces doit se réinventer, et intégrer la notion d’anticipation. La forêt, longtemps perçue comme un simple espace naturel ou de production, devient aujourd’hui un élément central de la résilience territoriale.


Partout en France, la pression urbaine gagne du terrain et ronge les espaces naturels. En parallèle, la forêt grandit avec l’abandon agricole et la fermeture des milieux. Les lisières forestières se sont transformées en zones d’habitat, multipliant les interfaces entre la forêt et les espaces urbanisés. Cette évolution place aujourd’hui les collectivités devant une responsabilité majeure : protéger les populations tout en préservant les fonctions essentielles de la forêt.

Ces interfaces forêt-habitat constituent désormais l’un des points de vigilance majeur. Les habitations implantées à proximité immédiate des massifs forestiers sont directement exposées aux incendies. C’est un grand privilège de résider à proximité d’un espace forestier, mais il s’accompagne de responsabilités importantes. Dans ces secteurs, la vulnérabilité des biens et des personnes est maximale. La protection de la vie humaine demeure évidemment prioritaire, mais la « valeur du sauvé » englobe également les logements, les infrastructures, les réseaux et l’activité économique locale.

Les zones de contact entre espaces naturels et urbanisés deviennent les principaux points de départ des sinistres, mais aussi les lieux où les conséquences peuvent être les plus lourdes.

À cela s’ajoute la question de la continuité végétale. Lorsque la forêt se prolonge sans interruption jusqu’aux jardins ou aux habitations, le feu peut rapidement se propager. Les flammes gagnent les constructions, tandis que les aménagements privés peuvent eux-mêmes devenir des vecteurs de propagation. Cette réalité impose de repenser la conception même des quartiers situés en lisière forestière.

Prévenir plutôt que subir

Face à ces constats, un aménagement résilient des territoires s’impose. Il ne s’agit plus seulement d’intégrer la forêt dans le paysage, mais d’en faire un véritable outil de prévention et d’adaptation.

La gestion des interfaces forêt-habitat doit devenir une composante incontournable des projets de territoire. Cela suppose d’anticiper les risques dès la planification urbaine : localisation des futures zones d’habitat, maintien de coupures de combustible, préservation d’espaces tampons, accès pour les secours ou encore prise en compte des obligations légales de débroussaillement.

Cette réflexion dépasse largement la seule question des incendies. La forêt contribue également à l’adaptation des territoires au changement climatique en régulant les températures, en stockant du carbone, en limitant l’érosion des sols et en participant à la gestion de la ressource en eau. Elle constitue une infrastructure naturelle indispensable à la résilience des territoires de demain.

Vue aérienne de Babeau-Bouldoux (c) EBE
Après la crise, remettre l’élu au cœur des décisions

Lorsque surviennent une tempête majeure ou un incendie de grande ampleur, le territoire entre dans une phase de reconstruction souvent complexe. 2026 nous l’a déjà parfaitement illustré avec les tempêtes de début d’année et les incendies de l’été. Dans ces moments décisifs, l’élu local doit retrouver toute sa place dans la gouvernance du rebond territorial. Garant de l’intérêt général, il est le seul à pouvoir arbitrer entre les différentes attentes du territoire : sécurité des populations, préservation des milieux naturels, maintien des activités économiques et qualité de vie des habitants.

L’après-crise doit ainsi devenir une opportunité de transformation. Reconstruire à l’identique n’est plus une option. Il s’agit de tirer les enseignements des événements passés pour bâtir des territoires plus résilients, mieux adaptés aux risques futurs et davantage en harmonie avec leur environnement forestier.

Une nouvelle alliance entre forêt et territoire

La forêt ne peut plus être considérée comme un espace périphérique que l’urbanisation contourne ou grignote. Elle doit être pensée comme une composante stratégique des projets de territoire.

Repenser l’aménagement du territoire, c’est reconnaître que la prévention des risques, la protection des populations et l’adaptation climatique passent par une meilleure intégration de la forêt dans les politiques publiques. C’est également faire le choix de l’anticipation plutôt que celui de la réparation.

À l’heure où les événements extrêmes deviennent plus fréquents et plus intenses, la résilience des territoires se construira à l’interface entre la forêt, l’habitat et l’action publique. Une responsabilité collective, mais aussi une opportunité de préparer dès aujourd’hui les territoires de demain.

Contact :
Léa FABRE | lea.fabre@communesforestieres.org | 06 18 26 38 15